Jacob, Jacob

Éditions de L'Olivier

16,00
5 octobre 2014

un livre fort et émouvant

On suit tour à tour la vie de Jacob, l'inquiétude d'une mère, la vie stricte de la belle-soeur bonne à tout faire de la famille, la rudesse du quotidien.

L'écriture est spéciale puisqu'il y a des phrases très longues, ponctuées par une myriade de virgules. Cela donne une lecture un peu essoufflée, hachée. Cela m'a un peu gêné au début, et puis le rythme se prend, et on entre dans cette spirale de guerre, de douleur, d'amitié, de découverte aussi. Il y a comme une urgence de vivre. Les émotions sont très bien décrites, pleines de justesse.

Un très beau livre qui m'a fait penser au film "Indigènes". J'ai juste regretté la fin qui se passe pendant la guerre d'Algérie. J'aurais préféré un arrêt au tout début de la guerre, ou alors un vrai développement du devenir de cette famille algérienne qui combat auprès des français. Mais là c'est trop rapide, pas assez construit.

Pas pleurer
3 septembre 2014

une roman autobiographique

L'auteure revient sur l'enfance de sa mère, jeune femme espagnole issue d'un milieu modeste, qui a vécu la guerre d'Espagne.

C'est un roman à trois voix (et oui, j'en rajoute une par rapport au mot de l'éditeur !)

Celle de cette mère qui perd aujourd'hui la mémoire et ne se souviens que de cette année 1936 ou elle a connu tour à tour l'exaltation de la liberté, l'espoir d'une vie meilleure, l'amour, les discordes, la guerre, l'exil ...


Elle avait 16 ans, vivait dans un petit village loin de tout. C'est son frère, Josep, qui, le premier, est revenu au village avec des idées révolutionnaires : mettre en commun les terres, collectiviser le travail. Au départ les paysans se laissent griser, puis le quotidien reprend le dessus, la marmite à faire bouillir, les enfants à élever.

En parallèle de l'histoire de ce village, l'auteure revient sur la politique de l'époque, et notamment les exactions commises par les nationalistes, couvertes par l'episcopat espagnol. Ces massacres, l'auteure en parle à travers la voix de Georges Bernanos, écrivain qui a été choqué par la barbarie de la guerre et révolté par la complicité de l'Eglise. Georges Bernanos a écrit un livre paru en 1938, "les Grands Cimetières sous la lune", pour dénoncer ces atrocités.

Et au milieu de ces deux voix il y a celle de Lydie Salvayre. Qui écoute sa mère et la reprend quand elle fait des fautes de français. Qui lit le livre de Bernanos et commente les massacres. Qui nous montre que la petite histoire du village de sa mère est un condensé de la grande histoire de l'Espagne.

Il y a de tout dans ce livre : une part d'histoire de la guerre d'Espagne, un récit émouvant d'une femme à la condition modeste en 1936, une belle histoire d'amour, la fougue des jeunes adultes, les horreurs de la guerre.

Banquises, roman

roman

Albin Michel

18,25
22 septembre 2011

Très bonne lecture

Nous sommes en 2009. 27 ans auparavant, Sarah, vingt-deux ans, a disparu lors d'un voyage au Groenland. Lisa, sa soeur, avait 14 ans.

Pour vivre et se construire, Lisa a rapidement pris le partie de considérer sa soeur comme morte, mais quand son père lui annonce qu'ils vont effectuer les démarches administratives pour déclarer officiellement Sarah décédée, tout lui remonte en mémoire. Elle va décider de se rendre au Groenland sur les derniers pas de sa soeur.

Entre les chapîtres sur son voyage, vient s'insérer les moments vécus depuis 27 ans, l'insupportable attente, l'absence, les parents qui ne vivent que pour savoir et qui "oublient" de s'occuper de leur deuxième fille, le besoin de vivre malgré tout.

J'ai retrouvé l'écriture de Valentine Goby, un style nerveux, des phrases courtes, une ponctuation fluctuante qui va tout a fait avec le sujet : l'absence d'une soeur, la destruction d'une famillle mais aussi le réchauffement d'un pays.