Simon R.

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Juliette, les fantômes reviennent au printemps

les fantômes reviennent au printemps

Actes Sud

26,00
par (Libraire)
27 juillet 2016

magnifique !

Bon OK en tant que vieux fan de "Rosalie Blum" et de "Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d'une vie !", on ne peut pas dire que j'étais complètement vierge en commençant ma lecture de "Juliette". Mais justement ! n'étais-je pas d'autant plus exigeant !!! hin hin (le suspense est à son comble)
Et bien messieurs dames, je ne vous ferai pas plus languir car finalement j'ai franchement adoré ce nouveau cadeau de Camille Jourdy.
"Juliette" est une très touchante et belle chronique familiale où l'on va suivre la vie de toute une petite galerie de personnages de la vraie vie. Ici, pas de cascades en bagnole ni de meurtre cruel, encore moins de love stories enflammées. Si c'est ce que vous recherchez, passez votre chemin. Non, ici, c'est la délicatesse, la poésie du quotidien, des vrais gens qui vivent des histoires finalement banales mais extrêmement bien mises en scène et en valeur par le trait délicat de Camille Jourdy. J'ai été - encore une fois - touché par cette grâce du normal, cette tendresse des personnages. On est bien avec eux, on a envie d'y rester encore un peu et puis finalement non, on est bien à sa place de lecteur et le seul truc qu'on voudrait, c'est lire d'autres petits bijoux comme celui-ci !

Le domaine

Jo WITEK

Actes Sud

15,50
par (Libraire)
27 juillet 2016

Conseillé par la Librairie Sorcière M'Lire à Laval

Gabriel Delaire-Sinama est celui que l’on surnomme l’ «enfant sauvage». Féru d’ornithologie, il passe ses journées en forêt pour découvrir de nouvelles espèces et se retrouver seul au milieu d’une nature apaisante. Plutôt solitaire et réservé, il se lie difficilement aux jeunes de son âge et préfère se retrancher dans son univers familier où il se sent en sécurité. Gabriel est loin de se douter qu’il va bientôt devoir faire face à des pulsions violentes et destructrices qui vont brutalement changer son comportement.

Cet été, il accompagne sa mère dans un domaine de riches châtelains où elle est employée comme domestique. Il ne supporte pas de la voir travailler pour ces gens hautains aux manières surannées, mais se doit de rester cordial pour ne pas faire de vagues. Il décide alors de traverser la lande et les marais de l’immense propriété, carnet d’observation, longue vue et appareil photo en poche. Émerveillé par les espèces animales qui peuplent les lieux, il est bien décidé à passer plus de temps à l’extérieur qu’enfermé dans le château où il a l’impression d’être un étranger. Mais très vite, Gabriel ne se sent pas à l’aise dans cette nature qu’il connaît pourtant si bien. Quelque chose l’angoisse, l’étouffe, et des rêves étranges et sordides habitent ses nuits. Ses plans d’exploration vont être perturbés par l’arrivée des petits-enfants du comte et de la comtesse, et notamment de la belle Éléonore de La Guillardière. Gabriel, qui a l’habitude de se tenir à l’écart, va tenter de se rapprocher du groupe de cousins afin de la séduire. Il se rend très vite compte du fossé qui sépare son monde du leur, où faux-semblants, désir de performance et de pouvoir sont de mise. Même s’il est vu comme le fils de la domestique et le garçon original qui va divertir l’été de ces jeunes de la haute-bourgeoisie, Gabriel va tout faire pour se faire aimer par Éléonore.

Jo Witek a le don de nous embarquer dans des histoires prenantes où une tension s’installe petit à petit dans le récit jusqu’à créer un sentiment de malaise. On s’attache très vite au personnage de Gabriel et on assiste, impuissant, à son brusque changement de personnalité. Lui si calme et sensible, devient impulsif, violent, en proie à des désirs insaisissables. Son sentiment amoureux le submerge, incontrôlable et terriblement douloureux. Car la belle l’ignore et joue avec lui, sachant pertinemment l’attrait qu’elle exerce sur le jeune homme.

Le Domaine est un très grand coup de cœur, il est difficile de lâcher ce livre à l’atmosphère pesante et qui nous offre à la fin une chute tout à fait déstabilisante !

(chronique de Solène Duroch)

Les guerres de Lisa
par (Libraire)
27 juillet 2016

émouvant !

Dans l'avion qui la ramène en urgence au Danemark auprès de sa soeur, Lisa convoque ses souvenirs d'enfance. Une enfance marquée par un père violent, une mère dépressive et une fratrie unie pour le meilleur et pour le pire.

Un récit extrêmement émouvant et lumineux!

Les fragiles

Roumiguière, Cécile

Sarbacane

15,50
par (Libraire)
27 juillet 2016

wouah !

Encore une fois, nous sommes en présence d'un très bon roman ado avec ce premier ouvrage dans la collection de Cécile Roumiguière (qu'on avait par exemple fortement appréciée avec son "Lily" publié à la Joie de Lire).

Dans "Les fragiles" on va suivre le parcours de Drew, un ado de 17 ans qui vit assez mal ses liens avec ses parents et notamment avec son père, un gars un peu bourru, pas mal raciste et un peu nul en général... En même temps il rencontre une fille un peu comme lui, un peu insaisissable, qui va le porter mais aussi le déstabiliser, l'étrange et belle Sky...

La narration se fait sur plusieurs époques, l'une le jour J de l'événement (mais ne comptez pas sur moi pour vous le dévoiler !) et les autres en remontant le temps à partir des 9 ans de Drew. On voit donc les relations et sentiments de Drew évoluer au fur et à mesure de l'histoire et c'est ça qui est bon.
Comment cette famille se disloque peu à peu ? quelles relations crée-t-il avec Sky ? comment les personnages s'intensifient au gré des pages ?
Car ils évoluent les personnages et c'est ça qui est fort dans ce récit. Rien n'est vraiment acquis, Personne n'est vraiment tout pourri ou tout beau. Et même le père (qu'on assimile tout de suite à la pire des crapules ou au moins à un beauf exemplaire) peut s'avérer plus fin qu'il n'y parait.
Cette narration, hyper découpée, peut être déstabilisante au début mais c'est elle qui crée la force du récit et nous maintient en haleine quant au dénouement de l'histoire.

En tout cas, avec cette histoire, on est sans cesse un peu mal assis, un peu sur des œufs, attendant l'acte dramatique qui finalement ne viendra pas vraiment. Car malgré l'intrigue, malgré les événements, il ne se dégage pas de violence de ce texte. Il y a même une certaine forme de tendresse pour l'ensemble des personnages qui est vraiment intéressante. Car finalement tout le monde dans ce roman est juste un peu... "fragile".
(C'était pourtant pas compliqué; tout est dans le titre !)

En résumé, un très bon texte à découvrir.
On vous le conseille !

Le complexe du papillon

Heurtier Annelise

Casterman

12,90
par (Libraire)
27 juillet 2016

un très beau texte !

Après Refuges (qui est dans la sélection du prix T’aimes Lire !), voici le nouveau roman d’Anne-Lise Heurtier, Le complexe du papillon, un texte sensible et poignant sur le combat intérieur que livre une jeune fille sur son corps.

Tout débute le jour de la rentrée scolaire quand Mathilde découvre la transformation physique inattendue d’une fille de son collège après les vacances. Elle commence alors à se poser des questions : pourquoi est-ce que son corps ne s'est-il pas métamorphosé lui aussi cet été ? Comment avoir la même assurance, la même grâce que Cézanne ? C’est lorsqu’elle essaiera une magnifique robe bleue qui, au lieu de la sublimer, boudine son corps et lui renvoie un reflet ridicule, que Mathilde prend une décision. Faire un régime, mais attention, un petit régime, juste histoire de perdre un peu de poids et de pouvoir revenir acheter la robe. On se doute bien que ce défi va vite prendre le dessus sur cette adolescente et l’enfermer dans une lente spirale infernale.

« Je ne sais pas moi-même ce qui m’arrive, pourquoi j’ai l’impression de m’enfoncer dans la terre grasse alors qu’à l’inverse, je voulais seulement courir plus vite, décoller et voler au-dessus des cimes. » Il faut savoir que Mathilde est une sportive, une grande coureuse, fascinée par les indiens tarahumaras, elle cherche à s’envoler au-dessus des montagnes et à se sentir légère… aussi légère qu’un papillon. Très vite obsédée par l’objectif qu’elle s’est fixée, Mathilde se coupe peu à peu de sa meilleure amie et se détache de sa passion pour la course. Son repli sur elle-même s’explique aussi par le décès récent de sa grand-mère, dont les souvenirs l’assiègent et la rendent encore plus malheureuse.

Anne-Lise Heurtier décrit surtout le changement de comportement destructeur de Mathilde qui l’affecte psychologiquement. On s’attache très vite à ce personnage, dont les gestes et les pensées nous ramènent parfois à notre propre adolescence. Ce roman montre aussi comment les jeunes filles cherchent à ressembler aux critères physiques que nous renvoie la société : Thigh gap et autres obsessions qui incitent à maigrir. C’est par une écriture fluide et délicate que l’auteure nous offre un récit émouvant sur le mal-être et l'anorexie. Un très beau texte éprouvant à découvrir !

chronique de Solène Duroch