La dérision ou la Joie ? La question de la jouissance
Éditeur
Le Seuil
Date de publication
Collection
Sciences humaines (H.C.)
Langue
français
Langue d'origine
français
Fiches UNIMARC
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La dérision ou la Joie ? La question de la jouissance

Le Seuil

Sciences humaines (H.C.)

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Quel rapport y a-t-il entre la jouissance et la joie ?

Acceder a la joie, c'est "se rejouir interieurement". La joie temoigne d'un
bonheur partage ; la maniere dont elle se communique dans le don dit la verite
d'une presence intime, irreductible a un objet de jouissance au sens juridique
(avoir l'usufruit d'un bien) ou sexuel (profiter de la possession par les
sens).

Elle atteste la presence de l'Autre a l'intime de soi.

Il y a une jouissance manifeste et repetitive que tout psychanalyste rencontre
: celle qui consiste a epuiser, en le niant, le desir - dans la recherche d'un
rassasiement qui ne dure jamais. Avec elle, l'homme ne se sent vivre qu'en
vivant contre la vie, dans une rivalite jalouse et exclusive. Dans une
certaine maniere de vouloir jouir jusqu'au bout, de s'eclater ou d'aimer a
mort, la fine pointe de la jouissance se repercute en echo de derision. Au
coeur de la folie ou de la perversion, c'est l'intensite de la sensation qui
se donne pour la Verite ; celle-ci n'est plus ce qui parle, mais ce qui se
sent.

Cette modalite jouissive du sensationnel exclut la parole et/ou le sens. Elle
clot la libido sur le meme. Elle interdit au plaisir d'etre la necessaire
mediation qui noue l'esprit et la chair dans une rencontre de sujets incarnes.
Fermee a la parole, elle alimente la jouissance exclusive des sens. Elle
enferme l'homme en lui-meme, dans l'intensite d'un fantasme pris pour le reel
et dont la repetition l'aliene.

Faute de vivre de l'alterite au coeur du meme, le desir tourne en deris, et la
parole en derision.
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