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L'autre qu'on adorait

Catherine Cusset

Gallimard

  • 7 février 2017

    Le looser Magnifique !

    Thomas est un jeune homme brillant et magnétique. Promis à un bel avenir, il échoue pourtant systématiquement dans ses entreprises professionnelles et amoureuses.
    C. Cusset fait l’oraison de cet ancien ami qui mit fin à ses jours à 39 ans. Portrait juste et sensible d’un looser magnifique.
    A découvrir.


  • Conseillé par
    8 novembre 2016

    A vingt-six ans Catherine Cusset rencontre Thomas l’ami de son frère de six ans son cadet. Leur relation durera quelques mois et elle laissera place à une amitié. En 2008, Thomas âgé de trente–neuf ans se suicide. Dans ce livre, l'auteure s’adresse à Thomas pour nous nous raconter qui il était. Etudiant en lettres, il rate le concours d’entrée à une grande école prestigieuse. Pourtant Thomas est intelligent, cultivé, affamé de musique (en particulier le jazz), cinéphile et passionné de Proust. Tant pis, à vingt-trois ans, il décide de construire son avenir aux Etats-Unis qui lui offre une place à Colombia et la possibilité de préparer une thèse sur son auteur favori.

    Il découvre New-York, il aime s’amuser et sortir, profiter de la vie avec excès. C’est un séducteur, un homme qui plait aux femmes. Après Colombia, il postule dans d’autres universités renommées pour enseigner mais les meilleurs postes lui échappent. Des universités plus petites l’acceptent. Spécialiste de la littérature et du cinéma, il devrait publier ses recherches ce qu'il remet toujours à plus tard. Et quand il veut s'y mettre, une immense fatigue s'abat sur lui l'empêchant de faire quoi que ce soit. Des périodes durant lesquelles il coupe les ponts avec tout le monde et où il boit de trop. Il accumule les échecs professionnels et sentimentaux. Mais Thomas aimant la vie reprend toujours le dessus. Il vient souvent en France et sa soeur le pousse à consulter. Ses changements d’humeur ont un nom : la bipolarité "C'est la maladie, pas toi, qui a ruiné ta carrière. Le découvrir est un soulagement". Mais Thomas finira par baisser les bras.

    Catherine Cusset ne mélange pas ses sentiments et ses ressentis au récit (hormis dans l’épilogue). Et de cette façon, c’est Thomas qui est au centre de l’histoire. En choisissent le «"tu" dans la narration, elle montre son amitié affectueuse, sincère tout en restituant la densité et la fragilité de son ami.
    Proust, la musique sont en filigrane dans ce livre sur la réussite sociale, sur cette maladie difficile à démasquer. Catherine Cusset rend un bel hommage à son ami. J'ai été très touchée.

    "Echouer, il n'y a pas de verbe dont la multiplicité de sens soit plus approprié à ton cas : 1) ne pas réussir 2) toucher le fond par accident et couler 3) s'arrêter dans un endroit par hasard et sans l'avoir voulu. On pourrait même dire, pour citer Beckett ("Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaye encore. Essaie encore. Echoue encore. Echoue mieux) que tu échoues de mieux en mieux. "

    "Si tu aimes tant Proust, c'est pour son intuition fondamentale : la vie véritable est dans les fragments de temps qui échappent au temps. La fameuse madeleine n'est rien d'autre que la rencontre du présent et du passé qui permet de sortir de l'angoisse de la mort en n'étant ni dans le passé ni dans le présent mais entre les deux."


  • Conseillé par
    16 octobre 2016

    Errances glacées

    Tout a très bien démarré, une lecture prenante qui serre le coeur, 100 pages lues d'un trait ou presque et un attachement réel aux personnages. Thomas bien-sûr, mais également Catherine qui raconte la vie et la mort de son ami. Thomas, dont on découvre peu à peu la mélancolie, qui alterne les hauts et les bas, se heurte à de nombreux échecs, se soigne à l'alcool et qui reste finalement un adolescent, fou de littérature et de musique : Proust, Nina Simone et l'Amérique. Thomas et sa fêlure, qui finira par l'emporter dans la tombe. Une belle écriture, des mots choisis avec finesse pour ne pas dire volupté. Un roman de l’émotion.

    Alors, pourquoi me suis-je réellement ennuyée en deuxième partie ? Que se passe-t-il dans ce texte pour finalement se mordre la queue et revenir sans cesse sur les mêmes errances (un peu comme Thomas) et lasser. Un peu comme si à force de vouloir raconter ce qu’elle a ressenti (peut-être de la culpabilité ?) Catherine Cusset se serait perdue dans le méandre des mots.


  • Conseillé par
    4 septembre 2016

    L'autre qu'on adorait

    **2  m i n u t e s
    ****2 fois par mois, le 2 et le 22,
    Pascale Frey chronique un coup de cœur. **

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • Conseillé par (Libraire)
    31 août 2016

    Roman à un ami disparu

    C'est l'histoire de Thomas Bulot, dit "la bulle", l'histoire d'une descente aux enfers.
    Thomas Bulot est intelligent, gai et élégant. Il a tout pour réussir. Il est aussi excessif en tout, procrastinateur et parfois naïf, notamment dans certaines situations au sein de l'impitoyable université américaine. Universitaire, spécialiste de la littérature et du cinéma, il enseigne aux États-Unis. Proust et le classicisme est le sujet de sa thèse. De Columbia à l'Amérique profonde, Thomas Bulot accumule les échecs professionnels et personnels.
    Catherine Cusset dans ce roman s'adresse directement à Thomas, ce tutoiement donne un certain rythme, un style simple et direct. Proust en filigrane, comme une étoile, scintille au creux des pages. Très bel hommage à un ami disparu.