Jacob, Jacob

Jacob, Jacob

Valérie Zenatti

Éditions de L'Olivier

  • 7 mars 2016

    Algérie, famille

    Le récit s’ouvre sur un jeune homme sur le pont de Sidi M’cid à Constantine en Algérie. (J’ai regardé les photos sur Google, c’est impressionnant et magnifique !). Ce pont reviendra souvent dans la narration, trait d’union de la ville et trait d’union entre la narratrice et Jacob.

    J’ai aimé découvrir cette famille si particulière de Juifs d’Algérie, fidèle à ses traditions et à ses petits rituels.

    J’ai aimé suivre Jacob dans son combat en terre de France contre les Allemands, sa découverte de l’amour avec Louise-Léa, ses compagnons de route.

    Un livre à la mémoire d’un soldat africain qui n’est jamais revenu de loin.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des beignets que fait Rachel, qu’elle trempe ensuite dans le sirop, et dont Jacob raffole.

    http://alexmotamots.fr/?p=1140


  • par (Libraire)
    27 novembre 2015

    Ce roman nous transporte dans l'histoire de l'Algérie française en 1945 et dans une famille dont le fils, Jacob, est incorporé dans l'armée. Valérie Zenatti retrace la vie douloureuses des juifs d'Algérie qui ont été soldats pour la France, qui ont ensuite fui le FLN avant de quitter le pays pour venir en France. Ce sont des déracinés, car leur pays reste l'Algérie. Elle redonne vie à ce passé, à ses traditions, à la culture arabe de ces gens du petit peuple, des gens pauvres qui ont peu de culture.
    Dans ce roman dont le héros est un jeune homme à qui on trouve plein de qualités, les femmes ont une place primordiale. Ce sont elles qui sont à la tâche, elles qui aiment, elles qui souffrent, elles qui se taisent devant les autres hommes. Et si Jacob est un héros, c'est parce qu'elles l'aiment, qu'elles le vénèrent, qu'elles l'entourent, qu'elles s'ennuient de son absence, et à la fin, qu'elles le regrettent. Jacob est tout à la fois le fils ou l'amoureux perdu, et le pays qu'ils ont dû abandonner.
    Roman de femmes, donc, roman de guerre aussi avec tout ce cela comporte de violence contre l'ennemi et de fraternité dans le groupe.
    Jacob Jacob est un beau, très beau roman, puissant, merveilleusement écrit. Et c'est un bel hommage à son aïeul.


  • par (Libraire)
    12 juin 2015

    Quelle bonne nouvelle que ce prix du Livre Inter pour l'émouvant "Jacob, Jacob" de Valérie Zenatti qui avait eu un respectable succès à l'automne mais qu'on aurait préféré plus conséquent. Le prix va sans doute lui offrir cette seconde chance qu'il méritait.

    C'est l'histoire de Jacob et d'une famille qui perd à la guerre l'un des siens. Ils vivent en Algérie, il part pour défendre en juin 1944 la France. On sait qu'il va mourir. Sans chercher à jouer sur le suspens, sans chercher à jouer sur l'apitoiement, tout en délicatesse mais sans non plus masquer la brutalité de l'existence de soldat, même pour ceux dont la vie quotidienne en temps de paix est rude, ce roman parle de Jacob mais de chacun d'entre nous. Ce que nous laissons aux autres, ce qu'ils en font.
    Ce livre possède un étrange sortilège d'épaisseur : il semble bref et lorsqu'on souhaite en parler à quelqu'un on s'aperçoit qu'il contient énormément d'éléments, de vie, et de sujets.


  • 14 mai 2015

    Coup de coeur !

    Jacob, Jacob, est un texte fort, et poignant. Dans ce livre, la romancière s'est emparée du destin de son aïeul, enrôlé en juin 1944 afin de libérer la France. Valérie Zenatti offre ici un hommage à Jacob Melki -fils, oncle, homme aimé- qui laisse un vide immense en partant, sa famille devant se résoudre à vivre sans connaître le quotidien de celui qui fait leur fierté. Elle ne saura rien de ses premiers mois au sein de son régiment -ne recevra qu'une simple carte postale- et ignorera tout de son agonie, dans les plaines d'Alsace. La descendante du jeune homme offre à celui-ci par le biais de ce texte, toutes les émotions d'une vie, en quelques mois. La famille, dévastée par l'absence, les interdits, et la douleur de Rachel et de Madeleine, face à la cruauté de la vie, sera à nouveau malmenée par l'Histoire, en étant confrontée à un déracinement pour échapper à la violence, et tenter de continuer à vivre.

    Enfin, c'est dans une chute incroyable, que la romancière nous offre une émotion finale intense, en livrant au lecteur, la genèse -intime- de ce récit.
    Une lecture coup de cœur !

    © Les Chroniques de Mlv - 23-11-2014

    http://www.slog.fr/les_chroniques_de_mlv/10023/blogs/LES-CHRONIQUES--DE-MLV-JACOB-JACOB-


  • 5 octobre 2014

    un livre fort et émouvant

    On suit tour à tour la vie de Jacob, l'inquiétude d'une mère, la vie stricte de la belle-soeur bonne à tout faire de la famille, la rudesse du quotidien.

    L'écriture est spéciale puisqu'il y a des phrases très longues, ponctuées par une myriade de virgules. Cela donne une lecture un peu essoufflée, hachée. Cela m'a un peu gêné au début, et puis le rythme se prend, et on entre dans cette spirale de guerre, de douleur, d'amitié, de découverte aussi. Il y a comme une urgence de vivre. Les émotions sont très bien décrites, pleines de justesse.

    Un très beau livre qui m'a fait penser au film "Indigènes". J'ai juste regretté la fin qui se passe pendant la guerre d'Algérie. J'aurais préféré un arrêt au tout début de la guerre, ou alors un vrai développement du devenir de cette famille algérienne qui combat auprès des français. Mais là c'est trop rapide, pas assez construit.


  • par (Libraire)
    16 septembre 2014

    Un bijou, tout simplement, une écriture lumineuse et juste.
    On a envie d'y croire jusqu'au bout.
    Un roman qui ne vous lâchera pas !


  • par (Libraire)
    5 septembre 2014

    Nostalgie et tendresse d'une mère

    Constantine, Algérie, juin 1944.
    rachel, mère juive de Jacob, part à la recherche de son fils de casernes en casernes ... un quotidien puis le deuil d'un fils.
    Beaucoup de nostalgie et de tendresse exposé par cette mère et beaucoup de tristesse manifesté par son frère.
    Et enfin, beaucoup d'émotions, en somme, pour une écriture aussi délicate "qu'une mère bouleversée" ...


  • 31 août 2014

    Dans l'appartement, modeste mais bien tenu, de la famille Melki, à Constantine, la joie n'est pas souvent à l'ordre du jour. Les hommes, Haïm et son aîné Abraham, ordonnent, les femmes, Rachel et sa bru Madeleine, obéissent et se taisent. Le seul rayon de soleil, c'est Jacob, le dernier né de Rachel, son fils chéri, sa réussite. Lui seul sait mettre de la gaîté entre ces murs où trop souvent résonne la fureur du père. Lui seul joue avec ses nièces, Fanny et Camille, les fait voler comme un avion. Lui seul sait trouver les excuses qui évitent à Gabriel, son neveu, les corrections que trop souvent il mérite. Lui seul voit la peine de Madeleine, séparée de sa famille restée à Tunis, esclave de sa nouvelle famille malgré ses huit mois de grossesse, mal-aimée par un mari autoritaire. Brillant, beau, généreux, Jacob a 19 ans en cette année 1944.

    Il sort à peine de l'adolescence mais sait qu'il doit répondre à l'appel de la France qui a besoin de troupes pour chasser l'envahisseur Allemand, là-bas, loin, en Europe. Jacob va faire ses classes, devenir un homme, un soldat. Du désert algérien au Débarquement de Provence, de l'éblouissement à fouler le sol français, à la peur, aux tirs, à la perte de ses camarades, le voyage de Jacob dans la France en guerre est fait de découvertes et de pertes. Juifs comme lui, français et musulmans se battent pour sauver un pays qui n'a pas toujours voulu d'eux, apprennent la solidarité, savourent la gloire du libérateur et, dans le rude hiver alsacien, se souviennent de la chaleur de Constantine, de leur famille, de leur foyer. Pendant ce temps, en Algérie, les Melki suivent les actualités, imaginent les combats de Jacob et surtout attendent son retour.

    En même pas 200 pages, Valérie ZENATTI réussit à nous transporter au cœur de l'Algérie française, au cœur de la famille Melki, au cœur de la guerre. Porté par le personnage lumineux de Jacob, ce roman est pourtant un livre de femmes, celles qui attendent, celles qui se soumettent, mais qui savent aussi se révolter, lutter, s'imposer. Concentré d'amour, de tendresse et de chaleur, Jacob, Jacob évoque pourtant des épisodes douloureux pour les juifs d'Algérie : leur statut qui change avec les lois vichystes, leur incorporation dans l'armée française et, plus tard, leur fuite devant le FLN. De la France, ils connaissent l'histoire et la géographie mais leur pays, c'est l'Algérie où pourtant on leur dira qu'ils ne sont pas chez eux. Déracinés, ils ont le droit ici, grâce à Valérie ZENATTI, de retrouver un peu de leur passé, des traditions, des odeurs, des saveurs perdues mais profondément inscrites dans leurs gènes. En refermant les pages de cette histoire, pleine de force et de sensibilité, on quitte à regret les Melki mais, comme eux, on garde au fond du cœur le souvenir de Jacob qui murmurait son prénom pour ne pas oublier qu'il n'était pas qu'un matricule. Puissant et bouleversant, à lire.

    Merci à Mathilde, aux club de lecteurs Dialogues croisés et au site leslibraires.fr pour ce magnifique moment de lecture.


  • 29 août 2014

    Jacob est un jeune Juif de Constantine où il vit avec ses parents, son frère, sa belle sœur et leurs trois enfants. Agé d'à peine 19 ans en ce mois de juin 1944, il part combattre pour la France. Pourtant, il avait renvoyé en 1941 de l'école car cette même France "avait décidé que les juifs d'Algérie étaient de nouveau des indigènes".

    Avec son régiment, il débarque en Provence "la vraie, la métropole rêvée dont il connaît par coeur la géographie administrative, les rois, les chansons". Et dans sa famille où l'homme décide, où les femmes obéissent selon des règles anciennes, Rachel la mère de Jacob écoute son cœur. Se rendant de caserne en caserne pour demander à travers une langue faite de mots français et arabe où est son fils, puis écoutant la radio pour suivre cette guerre lointaine.
    Pendant ce tempe, Jacob se bat. En quelques mois, ce jeune homme qui aimait la poésie est plongé dans les affres de la guerre où la mort et la solidarité se côtoient.
    Même si on pressent une fin douloureuse, Valérie Zenatti poursuit dans le temps avec la famille de Jacob. Avec des événements qui feront basculer l'histoire mais aussi des moments d'émotion intense comme si Jacob vivait toujours...
    Un roman poignant porté par une écriture superbe et sensible !


  • par (Libraire)
    28 août 2014

    Ce roman raconte « sa » guerre, mais aussi le tour des casernes algériennes entrepris par Rachel (la mère) inquiète pour ce « petit dernier » dont elle est sans nouvelles, l’attente des siens, leur quotidien loin du front, entre deux langues (le français et l’arabe) et deux cultures (juive et musulmane), et la façon dont la courte vie de Jacob résonne en chacun. Tous ignorent alors que l'accélération de l’Histoire va bientôt entraîner leur propre déracinement.


  • par (Libraire)
    26 août 2014

    Jacob, notre héros né à Constantine dans une famille juive pauvre et à l'Aube de sa maturité, vit dans la maison familiale entouré de ses parents, frère, belle sœur et nièces où règne Rachel, sa mère, dès que Haïm, son père autoritaire ou Abraham, son frère qui ne l'est pas moins, sont absents.
    Mais la deuxième guerre mondiale fait rage en métropole et Jacob va devoir partir à l'armée pour libérer - en débarquant en Provence - une France qu'il n'y a pas si longtemps ne le trouvait pas assez français lui "le juif" pour aller à l'école de la République.
    Jacob va donc quitter sa famille et partir avec ses camarades pour des horizons qu'il ne connaît pas et vivre la tragédie de la guerre ou l'horreur et la fraternité se côtoient sans se soucier de l'appartenance de chacun.
    Dans ce très beau livre, très bien écrit, plein de sensibilité, d'émotion et d'amour, Valérie Zenatti retrace avec brio la très belle et terrible histoire de Jacob, un homme que vous n'oublierez pas. A lire absolument!


  • par (Libraire)
    4 août 2014

    Roman court mais d'une très grande intensité. Valérie Zenatti nous entraîne au coeur d'une famille juive d'Algérie prise dans les affres de la Seconde Guerre mondiale. Jacob, le petit dernier d'une fratrie de quatre enfants incarne la douceur et l'intelligence, à la différence des autres hommes plus rustres de sa famille. Il est adoré de beaucoup, mais va devoir partir combattre en 1944 pour la France.
    L'auteur décrit avec justesse l'attachement d'une mère à son fils prête à tout pour le retrouver, ainsi que le quotidien de cette famille pauvre religieuse, vivant dans un pays où langue arabe et française cohabitent.
    Avec beaucoup d'émotions, nous suivons la mutation et les pertes douloureuses que vont subir ces personnages.
    Petit bijou de la rentrée littéraire, on ne ressort pas indifférent de cette lecture, imprégné de ce Jacob, comme si nous l'avions réellement connu.


  • par (Libraire)
    22 juillet 2014

    1944, Jacob Melki, jeune juif de Constantine, débarque en Provence. Pieds-noirs, venu libérer la France, de Marseille à Mulhouse où il meurt à l'âge de 19 ans. Ce roman met en parallèle : la vie au front et l'inquiétude à l'arrière. A travers les personnages de Jacob et de sa famille le lecteur accompagne les questionnements et la transformation d'un adolescent soldat et la détresse d'une mère qui suit l'avancée de l'armée française, prises de positions par prises de postions.

    Deux mondes, deux langues, deux cultures, mais une même voix. Valérie Zenatti parvient, avec beaucoup de finesse et de délicatesse, à proposer un destin, dont ne subsiste aujourd'hui qu'une photo et le souvenir, tel un murmure ... Jacob, Jacob.